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29 novembre 2008 6 29 /11 /novembre /2008 11:55

Nos valeurs démocratiques sont l’enjeu de la crise Union européenne-Chine sur le Tibet

Source : www.lesoir.be

Le mouvement tibétain se radicalise », « Le dalaï-lama renonce au dialogue avec la Chine », « Le dalaï-lama revendique l’indépendance »…

 

 

Différentes expressions ont été utilisées pour commenter le rassemblement historique de 600 représentants de la diaspora tibétaine venus de 15 pays qui s’est tenu du 17 au 22 novembre à Dharamsala, dans le nord de l’Inde.

 

 

Quelques clarifications s’imposent ! Non, le dalaï-lama ne réclame pas l’indépendance. Non, il ne renonce pas au dialogue avec la Chine et à son projet d’autonomie pour son peuple. Non, le mouvement tibétain ne se radicalise pas…

 

 

Une grande diversité d’opinions a toujours traversé la communauté tibétaine en exil qui est loin de constituer un groupe monolithique. Mais pour la première fois, ces opinions ont pu s’exprimer dans le cadre d’une plateforme officielle dont les recommandations seront prises en compte par le pouvoir tibétain. Certains individus et organisations, dont le Congrès de la jeunesse tibétaine, se réclament davantage de l’indépendance que de l’autonomie, ce qui suffit pour que Pékin qualifie cette association de « groupe terroriste ».

 

 

Il faut cependant savoir que la position des Tibétains reste ancrée dans une philosophie de non-violence et de dialogue. Même les plus « radicaux » n’ont pas appelé à recourir à une quelconque forme de violence cette année malgré la terrible répression en cours. Dans son dernier rapport sur la Chine, le Comité contre la torture des Nations unies déplore d’ailleurs l’usage de la torture dans les régions tibétaines et regrette l’absence d’enquête.

 

 

Face au durcissement de la politique chinoise sur le Tibet et au refus de négocier avec les envoyés tibétains, le dalaï-lama a jugé nécessaire de réunir un « Congrès extraordinaire » pour faire le point et réfléchir à l’avenir du Tibet. Dix-sept mille avis clandestinement recueillis au Tibet ont permis d’enrichir le débat et de créer l’important lien entre exilés et Tibétains vivant sur place. La grande majorité des délégués a renouvelé sa confiance dans le dalaï-lama et dans son projet d’autonomie (voie médiane).

 

 

Cet exercice de consultation populaire montre à quel point le dalaï-lama a toujours été attaché aux valeurs et aux fondements démocratiques. Il a maintes fois répété que le pouvoir et l’avenir du Tibet se trouvent entre les mains de la population tibétaine. Lobsang Sangay, professeur à la Harvard School of Law, émet son avis sur cette réunion : « C’est un moment de transition entre un mouvement tibétain dirigé par le dalaï-lama et un mouvement dirigé par son peuple. »

 

 

Dès son arrivée en Inde en 1959, le dalaï-lama a voulu organiser la Communauté tibétaine en exil sur la base de principes démocratiques. En 1961, il promulgue une Constitution proclamant la séparation des pouvoirs et dont les fondements sont ceux de toute démocratie : égalité des citoyens(ne)s devant la loi, élections libres et pluralisme politique.

 

 

Un parlement et un gouvernement en exil sont installés et, depuis 2001, le Premier ministre est élu au suffrage universel direct par tous les électeurs tibétains vivant hors du Tibet. Dans l’hypothèse d’un retour du dalaï-lama au Tibet, ce dernier a affirmé qu’il n’accepterait aucun statut politique, pour ne conserver qu’une fonction morale et religieuse. Son attitude, en rupture avec une tradition séculaire, démontre son ouverture d’esprit et son progressisme.

 

 

Ces développements constituent la preuve que l’élite tibétaine, loin de se crisper sur ses privilèges passés et contrairement aux accusations véhiculées par Pékin, aurait été dotée des qualités nécessaires pour faire entrer le Tibet dans la modernité démocratique si l’opportunité lui en avait été laissée.

 

 

Mais l’une des craintes du pouvoir chinois, selon les propos du dalaï-lama, « c’est précisément que la démocratie vienne en Chine via les Tibétains ». Il est aujourd’hui difficile d’imaginer que le pouvoir à Pékin laisse une « bulle démocratique » s’instaurer au Tibet. La mise en œuvre de fondements démocratiques au Tibet a pour précondition que le régime chinois et le parti communiste s’ouvrent, se réforment et se démocratisent eux-mêmes.

 

 

Deux semaines après ce grand exercice démocratique, le dalaï-lama s’apprête à effectuer une tournée européenne. Il s’arrêtera en République tchèque, puis en Belgique où il s’adressera en session plénière au Parlement européen le 4 décembre (son passage au Parlement belge fait des remous car l’OPEN VLD s’oppose à ce qu’il soit reçu dans l’hémicycle), et enfin en Pologne pour prendre part à une réunion de Prix nobel de la Paix. Le président Sarkozy a annoncé qu’il profiterait de l’occasion pour le rencontrer à Gdansk. Malgré un intense contre-lobbying chinois, le président français n’est pas revenu sur sa décision, ce dont il faut se féliciter. Les autorités chinoises ont alors pris la décision spectaculaire de reporter le prochain sommet UE-Chine ! Cette réaction musclée est contre-productive et disproportionnée. La Chine s’isole et fragilise ses relations avec l’Europe. Cette provocation vise sans doute à tester la réaction politique d’une Europe dont Pékin tente d’exploiter les divisions internes tout en essayant d’isoler le dalaï-lama.

 

 

Les Vingt-sept doivent afficher leur unité et rester ferme, par exemple en invitant le dalaï-lama à un Sommet européen ou à une réunion des ministres des Affaires étrangères.

 

 

Dans un second temps, l’UE pourrait coordonner sa politique extérieure sur la Chine et mettre à profit son expérience dans la prévention et la gestion des conflits et les talents de ses diplomates chevronnés pour aider le gouvernement de Pékin et le dalaï-lama à surmonter leur différend. Pourquoi l’UE n’essaierait-elle pas de jouer un rôle de facilitation voire de médiation pour débloquer le dialogue sino-tibétain ?

L’implication de l’Union européenne dans ce dossier est d’autant plus nécessaire que le Tibet a maintenant un impact réel et sérieux sur ses relations avec la Chine. Ce dont il est finalement question, c’est la défense des valeurs démocratiques au cœur de la construction européenne, valeurs qui ne sont pas si éloignées de celles défendues par le dalaï-lama.

 

                                                                                                                                                                                      LF

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Published by Cspt29
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